Le cauchemar des mines antipersonnelles toujours d’actualité 

02/11/2015
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Tombée par hasard sur le blog “Sommes-nous seuls sur terre?” d’une tourdumondiste ayant visité avant nous le landmines museum-(musée de mines antipersonnelles), j’ai lu son commentaire avec grand interêt. Tout est très clair et si bien exprimé que c’est son “instant révolte” comme elle l’appelle qui sera rattaché à cet article :
“C’est un musée, comme son nom l’indique, mais aussi une école et un centre d’accueil pour les victimes des mines. Eh oui, le Cambodge est le deuxième pays au monde à voir mourir ses enfants en sautant dans les champs mais pas par-dessus des moutons…
C’est vrai qu’il leur manquait ce détail pour parfaire le tableau.
Tout cela commença sérieusement durant la guerre du Vietnam. Les Viêt-Cong se réfugiaient au Cambodge pour avoir un peu de répit face au napalm, et cela n’a pas du tout plu aux amerloques. Ainsi, ils envoyèrent des centaines de milliers de mines et de bombes au Vietnam, mais oh, pardon, nous pensions que nous bombardions le Vietnam, pas le Cambodge. D’ailleurs, nous n’avons officiellement jamais bombardé le Cambodge. Les mines anti personnel ? Pas nous.
Ensuite, un coup d’Etat soutenu par les américains voit la frontière avec le Vietnam encore un peu plus minée qu’elle ne l’était déjà, guerre froide oblige. Une couche de plus, les mines tombent du ciel par milliers.
Puis vint le règne et la chute des Khmers Rouges. Pour ne pas qu’on les retrouve trop facilement, la team Pol-Pot s’est barricadée dans ses maisons luxe et a capitonné le tout avec des mines le long de la frontière avec la Thaïlande.
Voilà. Sachez qu’une mine est programmée pour vivre 150 ans. Ils ont encore le temps de sauter par accident.
Le désastre qui résulte de cette hystérie, c’est que des parents sont obligés d’interdire à leurs enfants d’aller jouer au foot derrière la maison. Que les champs ne sont pas cultivables. Et que régulièrement, en essayant de construire sa maison, il y a un Khmer qui perd une jambe dans le meilleur des cas.
Celle-ci n’est pas très bien cachée. Certaines sont enfouies sous 20cm et vous arrachent quand même la jambe !
Il y aurait encore au Cambodge entre 6 et 7 millions de bombes en attente qu’on leur marche dessus. Alors un enfant ex-Khmer Rouge à qui on a mis un AK-47 dans les mains à 10 ans s’est repenti de toutes les atrocités qu’il a vécues et fait vivre, et a monté sa fondation.
Le Landmines Museum.
Et il met ses compétences au profit des communautés en déminant tant qu’il peut.
Avec l’aide d’un ami paysan qui s’est mis à déminer sauvagement (avec une pince et un tournevis) lorsqu’il avait une vingtaine d’années.
Oui, parce que vous avez aussi des gens très pauvres qui tentent de déminer ce qu’ils trouvent pour pouvoir se faire un peu d’argent en revendant le métal.

Le dernier album est paru ! Foncez chez votre libraire préfère !

Tout ce que vous donnez comme argent à ses employés (ticket d’entrée, souvenirs à la boutique…) part à la fondation pour scolariser les enfants amputés et déminer les tonnes d’explosifs qu’il reste.
Si un jour vous vous rendez au Cambodge, vous verrez à coup sûr, le long d’une route un panneau rouge décoré d’un crâne avec écrit dessous « Danger – Mines ».

 

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2 comments

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    Ca fait froid dans le dos ! Attention à vous….

  2. Avatar
    Le Yann des Bois

    Pour la petite histoire, on trouve les mêmes genres de panneaux et les mêmes conséquences, à plus petite échelle, pas bien loin de chez nous, en ex-Yougoslavie… Et je suis certain qu’ils sont en train de faire la même chose en Ukraine. Allez, profitez de la plage après ces quelques visites peu réjouissantes !